Comme désormais chaque année, le TRC “très religieux club” organisait son pèlerinage annuel. Cette année, c’est vers les vertes prairies de la belle Irlande et vers sa patronne « Sainte Guiness » que le TRC s’envolait. Rendez-vous donc le samedi 28 mars à 8h tapantes à l’aéroport de Fréjorgue. Le révèrent père Yvon-Marie remis à chacun la robe de bure et la chasuble symbole du pèlerinage. Le départ s’effectua avec un certain retard ce qui fit craindre de manquer la correspondance à Stansted. Heureusement, Saint Whiskey veillait sur nos et de justesse nous réussîmes à prendre place à bord de la goélette ailée qui nous amena sur les terres de Saint Patrick. Pendant le trajet le révèrent Pére Yvon-Marie nous gratifia de champs grégoriens propices à la méditation, parmi lesquels « un jour la p’tite Huguette me tripota la pine avec les doigts » et « c’est la grosse b… à Dudule » antiennes reconnues des pèlerins allant à Dublin. A l’arrivée, Un car à double pont nous attendait et si certains voulaient déjà rendre grâce à Sainte Guiness, la sagesse prévalu jusqu’à notre gite.

Direction le couvent de saint Isaacs où l’on nous avait réservé des cellules monacales et à 8 par chambre. Avec ce déplacement l’après-midi était fort avancé lorsque les plus religieux d’entre nous purent enfin consacré une offrande à Sainte Guiness et à ses sœurs, Sainte-heineken, sainte Bud et Sainte Carlsberg. La congrégation s’égailla dans les rues. Ce n’est que tard le soir que nous nous retrouvâmes au temple, « Temple Bar » pour être exacte où le culte de saint Guiness atteint son paroxysme et où les offrandes coulent à flots. Nous joignîmes nos voix à celles des religieux locaux. La population particulièrement dévote assaille les temples. Certains d’entre nous regagnèrent tard le soir le couvent. Après un petit déjeuner frugal et une petite matinée où chacun pu vaquer à ses occupations, la congrégation pris la route du Guiness Rugby club haut lieu de dévotion. Entre temps nous avaient rejoint le Père Cyril et sa charmante épouse dont j’ai oublié le nom. Maintenant le pèlerinage commençait vraiment, dés le début nous fumes conviés au club house et pûmes a nouveau célébrer sainte Guiness. L’archi bishop Jeff fit le prêche préalable aux célébrations et le TRC alla se mesurer à la congrégation des Unidaires. Dés le début, ceux-ci étonné par l’âge canonique de certains de nos prélats se moqua. Unidaire majoritairement composé de jeunes enfants de cœur pensait ne faire qu’une bouchée des papys. C’était bien mal connaître le TRC, même si la rapidité était du coté des jeunes, l’expérience et la combativité du TRC s’imposaient doucement, si bien qu’en milieu de première mi-temps, le prélat XXXX (censuré) qui par la suite prendra le surnom de Saint Vomito s’en fut crever la défense adverse et aplatir presque sous les poteaux, engueulade du coté des jeunôts qui contestaient les groupés pénétrants du TRC, il faut dire que l’arbitrage incompréhensible de l’archibishop Cyrian O’Byrne que quelques mauvaises langues appelèrent Cyrian O’Grosse Burne ne facilitait pas la tâche. Nous apprîmes d’ailleurs ensuite que O’Grosse Burne avait fait ses classes avec Papy Mougeot des Croquants, c’est tout dire.

Quoi qu’il en soit les Unidaires regagnaient les vestiaires à la mi-temps avec un essai dans la valise, ce fut le seul de la partie d’ailleurs, malgré un départ en trombe les unidaires ne purent jamais franchir la ligne d’avantage et c’est franchement dépités qu’ils terminèrent le match au coup de sifflet final de O’Grosse Burne.

Le second temps du pèlerinage opposait à nouveau les Unidaires contre les GRC (Guiness Rugby Club) là aussi, quelques vieillards décatis coté GRC contre les jeunots. Malgré leur allant les jeunots se firent croquer tout debout par les papy du GRC, malgré leurs champs patriotiques, GRC enquillaient les essais comme le révèrent père Yvon-marie les pets dans une chambrée, c’est tout dire, 2-0 à la mi-temps, puis rapidement 4-1. Sur un dégagement raté d’un Unidaire un GRC perdit son œil sur la pelouse. Il fut rapidement pris en charge par la groupe de charmantes nonnes évaporées du TRC qui accompagnaient nos moines dans cette retraite. A sa grande surprise d’ailleurs. Notre Barde David dit David O’croquets lui fit les premiers soins. Pendant ce temps, la partie s’envenimait quelque peu, et écoeurés les Unidaires décidèrent d’arrêter la après un énième échange de poings de vue fort peu courtois.

Au tour du TRC d’affronter les hordes du GRC galvanisés par leur victoire. De ce match devait se jouer la victoire avec une victoire chacun contre Unidaire qui du coup gagnait la cuillère de bois et partait la queue entre les jambes sans attendre la distribution des prix, le gagnant de ce match remportait le tournois.

Dés le début tout l’évangile y passa, « œil pour œil », « dent pour dent », « si on vous frappe à la joue droite ne tendez par la joue gauche, bref toutes les paroles des saintes écritures. La première mi-temps fut entièrement à l’avantage du TRC, un groupé-pénétrant de haute facture permettait d’ouvrir la marque, suivi d’un essai de trois quarts, un troisième essai aurait même pu être marqué si notre ailier Alan n’avait confondu la ligne d’embut avec la ligne jaune du pâté de maison un peu plus loin et n’était aller marquer un essai une cinquantaine de metres après la fin du terrain, il gagna ainsi son surnom de « Forest » « il court Forest il court …….. ».

Donc à la mi-temps le TRC regagne sa chapelle avec seulement 2 points d’avance. La reprise fut difficile, vexé d’être mené sur ses terres le GRC durcit le jeu un premier essai marqué à la suite d’une Arconadade de Stéphane, un second sur une série de 75 pénalités d’affilés pour le GRC qui finit dans l’embut (sur ce coup là nous avions compris que l’arbitre n’arrêterai pas de siffler avant l’essai) et voilà les deux équipes à égalité. Le TRC resserre les boulons et serre les points, les bénédictions tombent d’un côte comme de l’autre et finalement O’Grosse Burne siffle la fin du match sur l’égalité parfaite 2-2.

Le TRC demeure donc invaincu en match international et cela se termina par une marseillaise enthousiaste et d’anthologie.

Retour au club-house où débuta une troisième mi-temps inoubliable, nous eûmes droit d’abord à un « stew » irlandais, genre de plat de viande où tout est cuit en même temps et que le chien de Sophie (pardon de la révèrente Sophie) n’aurait pas voulu. Bref on avait faim et on mangea.

Ensuite la soirée fut largement arrosée, chacun emmagasina au moins 5 litres de bière et les champs religieux reprirent de plus bel. Troisième mi-temps entièrement dominé par le TRC, sportif le président du GRC le reconnu et tenu à nous remercier comme il se doit. Après avoir fait l’animation du club-house, ou finalement les Irlandais so british ne se départir jamais de leur flegme malgré les champs et danses du TRC nous regagnâmes notre couvent tard le soir dans une ambiance délirante, le chauffeur du bus n’avait jamais vu ça, il fut encore plus étonné lorsqu’à l’arrivée du bus en ville la révèrante mère Sophie baissa sa culotte dans la rue, les vertus diurétiques de la bière ayant fait leurs effets. Un nouveau fleuve était né : le Sophie’s Pissing river.

Les plus acharnés pèlerins y allèrent encore de leur offrandes, Le lendemain quartier libre pour les pélerins, chacun visita la ville à sa manière, beaucoup continuèrent sur leur lancée et firent encore moultes actions de grâce à Sainte Guiness. La soirée se termina pour certain dans une chapelle locale où quelque congrégation du coin dansa et chanta. D’autres abusèrent des offrandes certains allant même jusqu'à chanter leur credo dans les toilettes du couvent jusqu'à tard dans la nuit, méritant par la même leur surnom de Saint Vomito.

Au quatrième jour il était temps de rentré, épuisé mais heureux le TRC regagna Montpellier, à peu près dans les mêmes conditions qu’à l’aller.

C’est juré, devant l’enthousiasme des participants, un autre pèlerinage à Saint Whisky serait en projet pour l’année prochaine et certains parlent même d’aller à Rome fêter Saint Chianti dans 2 ans. Le TRC, « très religieux Club » à encore de beaux jours devant lui.

De l’envoyé spécial du journal La Croix : Michel Minenna