Et voila ils sont tous rentré !

Et comme c'est une tradition chez les Os de Vie de faire un commentaire à chaque sortie, nous profitons donc de la présence de Philippe parmis nous et de son superbe résumé. Un grand merci à lui.

La route du Rome

Pas facile d’intégrer tout seul une équipe que l’on a battue 15 jours plus tôt ! Heureusement, le fair-play des Titon’s et leur gentillesse m’ont permis de parfaitement réussir cette première épreuve.

Nous voilà donc partis pour un Week end à Rome, comme dirait Etienne Daho, avec une organisation jusque là inconnue chez les Os de Vie. Ca devrait nous aider à n’oublier personne là bas !

Après les retards habituels au rendez vous, puis le cadeau surprise d’Yvon (un T-shirt aux couleurs des Titon’s ) fort apprécié –ceci dit, un polaire aurait été plus approprié- , nous voilà parti plein Ouest. Eh oui, chez les Titon’s, la géographie est parfois très approximative, voire aléatoire. Ainsi, nous apprendrons après une longue discussion que Rome est situé plus au sud que Montpellier. D’accord, on s’en fout, mais ça fait vraiment plaisir de le savoir. Donc nous voilà embarqués vers Gérone, pause pipi pour ces dames, petite collation après quelques soucis informatiques à l’enregistrement (apparemment les terminaux Ryanair ne viennent pas de chez IBM), puis embarquement dans l’avion. Et comme tous les chemins mènent à Rome, nous finissons par y arriver tard dans la soirée. Jeff fera rigoler tout le hall d’arrivée en débarquant en short et tongs sous la pluie et le froid. Comme quoi même quand il ne parle pas, on se marre quand même.

L’organisation remarquable nous transfèrera en bus sans plus attendre au pied de la gare de Termini, d’où nous rejoindrons notre « Hôtel » en compagnie de notre éclaireur David. Après quelques échanges de langue moitié chinois, moitié anglais et moitié italien (oui, je sais, ça fait 3 moitiés, mais c’est tellement compliqué qu’il faut au moins ça), nous prenons enfin possession de nos « chambres ». Petite entorse à l’organisation, nous héritons de 3 chambres de 4 au lieu de deux de 6, mais enfin, le compte y est. En tant que plus jeune de l’équipe, je me retrouve évidemment sur le lit d’en haut, accessible au prix de belles acrobaties puisque l’échelle made in china n’a visiblement pas apprécié mon poids pourtant modeste. Enfin modeste pour un première ligne bien entendu.

Une fois installés, une petite virée dans les environs permettra de nous réhydrater légèrement, en découvrant au passage que nous ne sommes finalement pas les plus mal logés. Au sens propre.

Le réveil du vendredi sera brutal, journée chargée oblige. Visites d’églises, d’églises et encore d’églises, avec quelques haltes techniques pour refaire les niveaux et réchauffer nos corps transis par le froid glacial, et beaucoup de kilomètres plus loin et quelques heures plus tard nous nous retrouvons à l’hôtel pour le grand rassemblement d’avant match. Avec les inévitables retardataires qui vont avec quand on fixe une heure évidemment. Direction le stade des Old Roma pour le grand affrontement, sous les ordres de notre guide Michel. Sortie du métro à Marconi, le stade est à 3 minutes de marche.

Une heure de marche plus tard, après avoir visité nombre de quartiers cachés de Rome, et découvert au passage les aptitudes naturelles des romains pour le tri sélectif –un tas de frigos à droite, un tas de pneus à gauche, un tas de machines à laver plus loin…-, nous arrivons apeurés sur un stade dépourvu du moindre brin d’herbe. Heureusement pour les joueurs (et malheureusement pour les autres), ce n’est pas encore là. Plus loin, donc. Michel croit savoir, mais quand il est venu « il faisait nuit et j’étais bourré », dira-t-il. Il commence à faire nuit, c’est bon signe. Nous marchons, marchons, marchons encore. Quand soudain, les marcheurs de tête hurlent de soulagement « Herbe en vue ». Eh oui, nous voilà revenus presque au point de départ, nous avons enfin trouvé le stade. Nos 2 équipes adverses, qui n’y croyaient plus, ont déjà démarré l’échauffement et vont en découdre sur le terrain pendant que nous irons enfiler nos tenues de combat. Claude ira soulager des intestins mis à mal par la bière. C’est peut être un détail pour vous, mais pour nous ça veut dire beaucoup. Les joueurs présents comprendront. Je ne vous décrirai pas l’odeur ici puisqu’elle était réellement indescriptible. Eh oui, Claude, tu aimes la bière, mais la bière ne t’aime pas. Pascal nous lancera les maillots depuis l’entrée, pendant que nous nous changerons en apnée telle une bande d’Enzo dans le grand bleu. Une chance en fait, compte tenu de l’exigüité du vestiaire, qui n’aurait pas permis d’accueillir la totalité des participants simultanément.

Nous retrouvons donc nos renforts palavasiens sur la touche pour tenter de constituer une équipe tripartite Titon’s/Corsaires/Osdevie . Dans la douleur, puisque sur les 25 joueurs annoncés sur la feuille de match, seuls une quinzaine auront répondu à l’appel des crampons. Et dans quel état ! Un état, que la marche forcée n’aura pas spécialement arrangé non plus. Petit échauffement donc, puisque les pattes sont déjà chaudes bouillantes. A peine le temps de prendre les marques, et nous voilà propulsés sur le stade face aux palois de chez Total. Nous éviterons habilement toute digression sur les stock-options ou les licenciements en cours pour nous concentrer sur le jeu. Premier engagement, qui est visé, je vous le donne en mille : ma pomme. Pas d’en-avant sur la réception, c’est plutôt bon signe. Nous ferons jeu égal avec nos adversaires pendant au moins 20, euh non 15, enfin 10, euh disons 5 bonnes minutes, avant de nous faire transpercer par des trois quarts rapides et habiles, ou l’inverse, c’est comme vous voulez, mais on en a pris plein la gueule. Notre tactique de défense semi-inversée en dent de scie a montré ses limites. Malgré quelques poussées encourageantes, les gaziers enfileront les essais comme Rocco Sifredi enfile les partenaires. Enfin, c’est une image, mais assez réaliste je dois dire. Une belle rouste donc, mais compte tenu de la différence d’âge, de la marche commando d’avant match, de la bière, de tout ça donc, nous avons plein d’excuses donc l’honneur est sauf. Et puis nous avions encore un match à suivre, donc fallait se réserver.

Deuxième match contre les italiens. Cette fois ci on joue pour de vrai. On chante la marseillaise comme les vrais. Même s’ils nous ont bien eus avec le coup des crampons moulés, nous comptons défendre chèrement notre peau. Le combat est rude, ça percute fort devant. Leur manque de technique est compensé par une brutalité à peine mesurée. Et un peu contre le cours du jeu, ils nous planteront en essai en contre. 1-0 pour les autochtones donc. Afin d’éviter l’humiliation, devant notre état de décomposition physique avancée, les palois nous prêteront quelques joueurs afin d’apporter un peu de sang jeune, à défaut d’être frais. Quelques belles actions se concluront à quelques mètres de l’en but, deux fois sur l’aile gauche, et surtout une belle percée de notre briton Allan, que les kilos superflus ont toutefois empêché d’aller à dame. Mais la volonté finira par payer, puisque les Italiens ne savent plus quoi faire pour approcher du ballon à part plonger ou rentrer sur le coté, voir par derrière dans les regroupements. Mais l’arbitre veille au grain, et c’est sur une pénalité rapidement jouée à la main que l’ailier ira finalement égaliser avant le coup de sifflet final. Trois incidents à déplorer sur cette rencontre : Un joueur palavasien légèrement blessé (petite entorse à la cheville), Olivier victime d’un coup de coude qui lui donnera un beau cocard par la suite, et Jeff qui perdra son short en fin de match. Heureusement, Karine veillait au grain, et l’intégralité de son anatomie ne sera pas dévoilée aux spectateurs. Juste le derrière.

Avant d’affronter une nouvelle fois l’odeur des vestiaires, nous procédons à une petite réhydratation au moyen d’un breuvage artisanal confectionné par les palois, à savoir un liquide à base d’eau et d’anis dont l’abus est dangereux pour la santé. Comme prévu, l’odeur est toujours là. Douche rapide donc, d’autant que le réglage de la température laisse à désirer, puis départ en car -merci Palavas- vers la salle de banquet pour la réception.

Le repas sera digne de ce qui se fait de mieux en la matière. On dirait que les italiens sont venus en stage à Frontignan. Coté chansons, nous aurons évidemment droit aux chants basques et non basques de nos amis palois, les autres joueurs n’étant pas en reste non plus. Belle démonstration italienne reprenant leur hymne préféré en cœur également. Très bon repas donc, un peu terni par la grappa finale, une eau de vie de piment concentrée à 150° et additionnée de poivre à boire cul sec. Un vrai cours d’anatomie digestive. Tu sens bien le trajet, là. Nous partirons un peu précipitamment, mais l’offre des palavasiens qui nous prêteront leur car pour rentrer ne pourra être refusée, même si nous connaissons maintenant un raccourci pour rejoindre le métro. Seul souci, le car n’étant programmé que pour les palavasiens, ils nous lâchera au milieu d’un carrefour peu après les avoir déposés. Une bonne heure plus tard, et quelques ronflements de Jean Marc plus tard, un car de rechange terminera le trajet, e voilà cette journée qui s ’achève par une courte nuit de sommeil réparateur. Courte nuit que certains feront précéder de quelques gouttes de boisson maltée écossaise pour se remettre de leurs émotions.

Samedi, jour du match. Pas de nous, celui des pros. Après un petit déjeuner moins frugal que celui de la veille, nous nous dirigeons lentement en troupeau vers le stade. Encore quelques haltes techniques pour admirer l’architecture locale dans des verres plaqués or, puis la transhumance commence entre la place del Popolo et Flaminio. Heureusement qu’il y a des français pour montrer qu’il se passe un événement rugbystique majeur ce jour là à quelques hectomètres. On est loin d’Edimbourg ou de Dublin. Les Italiens ont encore du chemin à faire de ce coté là. Collation rapide, installation dans les tribunes, hymnes, du classique donc. Le suspens est rapidement tué par les français, à tel point que certains s’endormiront dans les tribunes en deuxième mi temps. Belle victoire des français donc. Les italien on aussi beaucoup à apprendre de ce coté là. L’après match nous verra nous déplacer vers des lieux plus anglo saxons pour tenter de voir le dernier match de la soirée dans une ambiance légèrement houblonnée. Beaucoup de kilomètres plus loin, nous finirons par trouver notre bonheur et notre Guiness dans un pub sympathique, ce qui nous permettra d’attendre sereinement l’heure du repas.

Nos trouverons ensuite un petit restau sympa vers la place da la Navonne, et pendant que Noelia négociera -et boira- l’apéro, le patron tentera de faire rentrer quatorze places sur 3 tables de 2. Et surtout il tentera de nous convaincre que ça rentre. Sans succès. Nous opérerons donc une légère translation jusqu’à un établissement plus largement dimensionné, pour profiter d’un repas et d’un après repas des plus sympathiques, avec un Jeff au sommet de sa forme devant une assistance captivée. Un petit passage vers le pub sus-cité histoire de ne pas rentrer à sec, et nous retournons à nos pénates où la bouteille de whisky entamée la veille nous attend. Comme le dit si bien le proverbe : il faut toujours finir ce que l’on a commencé. Sur ces bonnes résolutions, Noelia tentera de nous faire un cours d’anti intrusion sur les dernières techniques chinoises, des histoires de boules et de rondelles, et Allan tentera en vain de nous persuader qu’il n’est pas gros. C’est comme si on disait que Jean Marc ne ronfle pas. Pendant que nous prendrons une dernière inspiration d’air frais avant d’intégrer nos chambres respectives, certains testeront avec succès les limites de résistance des lattes, pendant qu’Yvon se laissera aller à quelques débordements techniques.

Une courte nuit plus tard, c’est l’heure du départ. Du classique. Valises, métro, bus (au passage bel exploit de notre trésorier qui évitera de payer la totalité des billets), aéroport, puis avion avec le frère de Chabal, et atterrissage dans les pays chauds à Gérone sous des latitudes proches de celles de New York. Si vous avez suivi le début, vous voyez, vous avez l’air moins bête maintenant. Tout le monde regagnera ses foyers dans la soirée pour un repas léger et une très grosse nuit de sommeil avant de reprendre le chemin du boulot dès lundi. La vie est parfois injuste.

En attendant, je tiens à remercier tous les Titon’s pour leur accueil, j’ai découvert une équipe différente de celle que je connais, mais finalement tellement proche, avec son déconneur, son trésorier, son boulet, son ronfleur, son gros, son timide, son organisateur (ah non, ça on n’a pas, nous), son président, son susceptible, enfin tous les Os de Vie transformés en Titon’s . Et une grosse envie de recommencer. Il n’y a plus qu’à décider ma femme pour le voyage en nouvelle Zélande en 2011. Si quelqu’un a une idée, je suis preneur.

Philippe.

P.S. Non, Allan, tu n’es pas gros. Mais fais gaffe quand même.

Quelques photos de nos exploits :